24/08/2012

98 ans après la bataille d’Audregnies !

En ce week-end de commémoration du 98ème anniversaire de la bataille d’Audregnies, il est utile de se souvenir de ces jeunes soldats morts dans les champs d’Audregnies, emportés par la folie meurtrière guerrière des hommes ! 

La bataille d’Audregnies a lieu le 24 août 1914 pendant la retraite de l’armée anglaise que l’on nommera par la suite ‘la grande retraite’ ou ‘la retraite de la Marne’. Cet engagement fait suite à la bataille de Mons du 23 août 1914 où les alliés sont défaits par les troupes allemandes qui les poursuivent en application du plan Schlieffen (plan allemand d’invasion de la France via la Belgique).

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Retraite britannique de Mons

La Ière armée allemande se lance donc à la poursuite de l’armée anglaise en retraite. C’est au cours de ce combat d’Audregnies qu’a lieu une charge du 9e lanciers et la destruction presque totale du régiment des Cheshire, qui, n’ayant pas reçu l’ordre de retraite, s’est accroché à ses positions jusqu’à être encerclé.

A Audregnies, les seules traces locales qui restent de cette terrible bataille ne sont malheureusement que les tombes du cimetière militaire édifiées dans l’enceinte du cimetière communal du village. 

A Quiévrain aussi on retrouve une sépulture témoignant de la vigueur des combats. Le cimetière communal quiévrainois comprend 43 tombes du Commonwealth et 2 tombes françaises. La majorité de ces tombes sont celles de soldats anglais morts en octobre 1918 et surtout de soldats canadiens morts vers les 6 et 7 novembre 1918 – juste cinq jours avant l’Armistice ! Mais on y trouve aussi la tombe d’un soldat du Cheshire Regiment qui fut blessé lors de la bataille d’Audregnies et emmené dans l’hôpital de campagne de Quiévrain où il succomba de ses blessures. C’est la seule victime de 1914 enterrée à Quiévrain. 

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Le cimetière militaire de Quiévrain

Sur la page de la Commonwealth War Graves Commission, vous trouverez la liste des soldats étrangers enterrés dans notre cimetière communal de Quiévrain. 

Derrière cette liste de noms, ce sont des existences qui ont basculé. Des enfants qui sont devenus orphelins, des mères qui ont reçu la terrible annonce de la perte de leur fils ou des fiancées qui apprennent que leur vie ne sera pas celle projetée. 

Intéressons-nous de plus près à notre soldat enterré à Quiévrain quelques jours après la bataille d’Audregnies : 

Le Private 7432 John Clarke est né en juin 1885 dans le petit village de Sydney près de Crewe dans le Cheshire au nord-ouest de l’Angleterre. 

Fils de William et Esther, il a un frère plus âgé et quatre frères et sœurs cadets. Comme son père, il exerce le dur métier de laboureur. 

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Carte postale d’époque de Crewe

John est un jeune homme aux yeux bleus, cheveux châtains et au teint frais, qui lui est sans doute du aux longues heures de labeur passées sur les terres de la campagne verdoyante du Cheshire. Il n’est pas très grand et plutôt mince. 

A ses 18 ans, John est enrôlé à Birkenhead (Cheshire) le 26 février 1904 pour son service militaire qui doit durer trois ans de service actif et sept ans de réserve. Mais il décide de prolonger son service sous les drapeaux de cinq années. Il est alors affecté au 1er bataillon du Cheshire Regiment. Son frère George Clarke y servira également. 

A 27 ans, venant de quitter l’armée, il séduit Maud Wright qu’il épouse le 1er décembre 1912 en l’église Saint-Nicolas de Liverpool.

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Vue de Liverpool à l’époque avec au fond à gauche le clocher de l’église St-Nicolas

Au déclenchement des hostilités, en tant que réserviste, il est immédiatement rappelé par son régiment. Il arrive en France le 16 août 1914. Le 24 août, il prend part avec son unité, la ‘D’ Company, à la bataille d’Audregnies où il est blessé et fait prisonnier par les allemands. Il est alors conduit vers l’hôpital de Quiévrain qui avait été établi par la Croix-Rouge belge mais ensuite repris par les allemands. 

C’est là, prisonnier, éloignés de ses proches et de son pays qu’il décède de la suite de ses blessures le 2 septembre 1914. 

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Médailles décernées au soldat Clarcke 

Quiévrainois, Audregniens, lorsque vous vous rendrez sur les tombes de vos proches, passez quelques secondes devant la sépulture de ces pauvres soldats venus, souvent de loin, tomber sur notre sol pour défendre des idéaux de liberté et ayez une brève pensée pour eux. 

 

Pour en savoir plus sur la Bataille d’Audregnies, visitez le blog qui lui est consacré.  

Vous pouvez également vous procurer le livre de Jean Richez ‘Un Champ de Coquelicots’. L’ouvrage vient juste de sortir. Je ne l’ai pas encore lu mais j’imagine qu’il apporte beaucoup d’informations historiques sur le sujet puisque c’est, à ma connaissance, le premier livre consacré spécifiquement à cette bataille. 

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